Ce texte est extrait d’un long poème intitulé « La Complainte Rutebeuf ». L’orthographe a été modernisée.
Que sont mes amis devenus
Que j'avais si près tenus
Et tant aimés ?
Je cuis1 qu’ils sont trop clairsemés
5 Ils ne furent pas bien semés
Si2 sont failli3.
Itel ami m’ont mal bailli
Qu’onques tant comme Dieu m’assaillit
En maints côtés4,
10 N’en vis un seul en mon osté5.
Je cuis le vent les a ôtés
L'amour est morte.
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
15 Ces6 emporta.
Rutebeuf, La Complainte Rutebeuf, vers 111–126.
1. Je cuis : je crois.
2. Si : ainsi.
3. Failli : manquants, absents.
4. « Itel ami m’ont mal bailli
Qu’onques tant comme Dieu m’assaillit
En maints côtés » : ces vers ont un sens obscur et peuvent être modernisés ainsi : Ces amis, m’ont peu donné, car tant que Dieu m’a assailli, en maints côtés ».
5. Osté/ostel : près de chez moi.
6. Ces emporta : on peut comprendre ce vers ainsi « Cela (s ou c = contraction de cela ? = le vent) les (es, contraction de eux ?) emporta ».
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